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Autres
La Puget Sound Agricultural Company
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Fort Nisqually, WA,
quartier général de la Puget Sound Agricultural Company;
artiste : Meeker, oeuvre non datée |
En 1838, dans le but de diversifier ses activités, Hbc demande
au Parlement de lui octroyer des pouvoirs accrus pour promouvoir la colonisation
sur le territoire de l'Oregon, ce qui, en fin de compte, permettrait d'assurer
les intérêts britanniques dans ce coin de pays. Sir
George Simpson écrit : «Nous consolidons notre position
sur ce territoire... avec l'exploitation des fermes et l'établissement
à titre d'agriculteurs de quelques-uns de nos employés et
officiers retraités, nous formons le berceau d'une nouvelle colonie.»
Le Parlement rejette la requête, craignant qu'elle puisse être
interprétée de façon négative par les Américains,
avec lesquels les Britanniques ont signé en 1818, puis encore une
fois en 1827, des traités d'«occupation conjointe»
du territoire de l'Oregon. À la place, le gouvernement se contente
de prolonger de 21 ans le permis de la Compagnie, sans y apporter de modification.
À la suite de ce revers, Hbc décide de créer une
filiale. En 1840, la Puget Sound Agricultural Company (PSAC), société
par actions, est donc mise sur pied et, bien qu'elle soit techniquement
séparée de Hbc, elle est néanmoins contrôlée
par elle, car le gouverneur Sir John Henry Pelly, le sous-gouverneur Andrew
Colville et Sir George Simpson sont tous administrateurs de la nouvelle
société. En outre, l'accès aux actions de la PSAC
est réservé aux membres et aux hauts dirigeants de Hbc.
Dans les faits, les hauts dirigeants du secteur de la fourrure et les
membres du comité (administrateurs) achètent l'ensemble
des actions, sans en laisser aux actionnaires ordinaires de Hbc. La nouvelle
société convient de plus d'acheter tous ses moutons, ses
bovins et ses chevaux de Hbc.
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Détail de la carte présentant Puget Sound, par Jack McMaster, 2004
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La nouvelle entité est établie à Fort Nisqually,
situé à l'extrémité sud de Puget Sound (aujourd'hui
Tacoma), qui en 1839 devient la propriété conjointe de Hbc
et de la PSAC. Le docteur William F. Tolmie est nommé chef à
ce poste de traite. Fort Nisqually, fondé par Hbc en 1833, est bien
situé pour jouer son double rôle de centre agricole et de point
de transbordement. Sa principale utilité, en raison de ses superbes
pâturages, est l'élevage du bétail. En 1845, on y compte
plus de 5 872 moutons, 2 280 bovins et 228 chevaux. Un deuxième
centre agricole est situé au sud de Nisqually, à Cowlitz
Farm, sur les berges d'un affluent du fleuve Columbia et sur la principale
route de portage du Columbia vers Puget Sound. Cowlitz est le poste principal
pour la culture du grain, des pois et des pommes de terre. Dès
le début, le plan est de permettre à Hbc de continuer à
se concentrer sur la traite des fourrures pendant que la PSAC s'occupe
de l'exploitation agricole. De plus, tout en fournissant des provisions
alimentaires aux postes de traite de Hbc établis le long du littoral
du Pacifique de même qu'en Alaska et à Hawaï, la PSAC,
avec ses exploitations agricoles et la colonisation que cela entraîne,
peut servir à soutenir les revendications territoriales des Britanniques
sur la région située au nord du Columbia.
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Le négociant
en chef William Tolmie, 1874
ACBH 1987/363-E-700-T/68
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En 1845, les colons américains arrivant à Puget Sound
commencent cependant à empiéter sur les terres de la Compagnie.
Malgré certaines clauses particulières du traité de
l'Oregon (1846) garantissant à Hbc et à la PSAC la propriété
de leurs terres, l'établissement de la frontière au 49e parallèle
marque la fin des activités des deux entreprises dans les territoires
de Washington et de l'Oregon. La stratégie de Hbc est alors de signaler
aux «occupants» de façon formelle la violation de leur
territoire, sans exercer toutefois de mesures plus sévères.
Selon l'agent principal, James Douglas, il s'agit « … d'avertir
de manière bienveillante tous les nouveaux arrivants, sans jamais
transgresser la loi.» La Compagnie s'applique alors à conserver
méticuleusement les relevés des avis transmis dans le but
de les utiliser ultérieurement pour réclamer des dommages
aux États-Unis. Malgré ces efforts, Nisqually et Cowlitz deviennent
petit à petit des «garnisons assiégées».
L'établissement de colonies britanniques connaît un succès
mitigé. La politique de Hbc vise à promouvoir la colonisation
au nord du Columbia, alors que la région la plus attrayante, la
vallée Willamette, se trouve au sud. En outre, la PSAC se réserve
les plus belles terres pour y établir ses activités agricoles.
Enfin, et surtout, les colons britanniques sont contraints par des politiques
qui, à leur détriment, favorisent la Compagnie. Les fermiers
reçoivent 1 000 acres en tenure à bail, 20 vaches, 1 taureau,
500 moutons, 8 bœufs, 6 chevaux et quelques cochons dont ils doivent
s'occuper pendant 5 ans. Chaque fermier est approvisionné au cours
de la première année, jusqu'à sa première
récolte. À l'expiration du bail, la terre et les bâtiments
reviennent à la Compagnie; le fermier n'a que pour seuls droit
et obligation de commercialiser la production. De plus, la moitié
des bêtes provenant de la croissance du cheptel appartient à
la Compagnie. Bien qu'un tel niveau de «contrôle» n'est
pas du tout exceptionnel à une époque où l'immigration
est en grande partie organisée par l'entreprise privée,
d'autres destinations – la Nouvelle-Zélande en particulier
– entrent en forte concurrence avec les initiatives de colonisation
de Hbc et de la PSAC. Malgré cela, les deux entreprises ne font
guère de publicité : ironiquement, elles ont peur d'attirer
beaucoup trop d'immigrants!
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Carte de la Puget Sound Agricultural Company, présentée par William Tolmie, 1855 Gracieuseté des Washington State Archives, AR108-1-4 |
En 1855, la guerre éclate avec les autochtones, principalement
en raison de l'établissement d'un nombre croissant de colons. Les
relations harmonieuses que Tolmie a su établir avec les autochtones,
particulièrement avant l'arrivée des colons, sont perçues
par les Américains comme de la complicité. Il devient de plus
en plus difficile d'exploiter et, surtout, de rentabiliser l'entreprise.
Les évaluateurs de la nouvelle autorité législative
du territoire de Washington exigent des redevances élevées
sur les propriétés foncières de la PSAC dans le but
non seulement de produire des revenus, mais aussi sans doute d'encourager
les Britanniques à partir. Tolmie quitte finalement cette région
en 1859 pour occuper de nouvelles fonctions sur l'île de Vancouver.
Nous pouvons imaginer à quel point il a dû être ravi
de partir! En 1863, les États-Unis et la Grande-Bretagne acceptent
de négocier une entente finale portant sur les réclamations
conjointes de Hbc et de la PSAC. En 1869, la commission mixte finit par
accorder 200 000 $ à la PSAC pour ses propriétés
sises au sud du 49e parallèle. Qu'on en soit venu à accorder
un dédommagement aussi considérable est sans nul doute attribuable
à Tolmie, à ses braves employés et à leurs
relevés soigneusement conservés.
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