|
|
 |
Son Altesse Royale le prince Rupert, studio de Anthony van Dyck, date inconnue
Huile sur toile |
Le commerce des fourrures
Deux siècles avant la Confédération, deux Français ingénieux nommés Radisson et des
Groseilliers découvrent une abondance de fourrures dans les terres situées à l'intérieur
du continent – au nord et à l'ouest des Grands Lacs – accessibles par cette grande mer
intérieure qu'est la baie d'Hudson. Malgré leur succès, les deux hommes ne trouvent
aucun appui financier chez les Français ni chez les Américains. Il faudra compter sur
la perspicacité et les relations du prince Rupert, cousin du roi Charles II, pour obtenir
une Charte royale qui, en mai 1670, octroie les terres baignées par le bassin hydrographique
de la baie d'Hudson à une entité appelée «Gouverneur et Compagnie des aventuriers d'Angleterre
faisant le commerce dans la Baie d'Hudson».
Au cours de son premier siècle d'activité, la Compagnie de la Baie d'Hudson (Hbc) se
cantonne dans quelques forts et postes de traite établis autour de la baie James et de la
baie d'Hudson. Les autochtones viennent chaque année à ces postes échanger leurs fourrures
contre des produits manufacturés : couteaux, bouilloires, billes, aiguilles, couvertures, etc.
Vers la fin du XVIIIe siècle, la concurrence force cependant Hbc à étendre ses activités à
l'intérieur des terres. Elle dissémine ses postes le long des grands réseaux hydrographiques
de l'Ouest, préfigurant le développement de grandes villes comme Winnipeg, Calgary et Edmonton.
En 1821, Hbc fusionne avec sa concurrente la plus prospère, la Compagnie du Nord-Ouest,
établie à Montréal. L'entreprise commerciale qui résulte de cette fusion a maintenant des
ramifications sur tout le continent – jusqu'à la région du nord ouest du Pacifique
(les états de l'Oregon et de Washington et la Colombie-Britannique) et dans le Grand Nord
(l’Alaska, le Yukon, les Territoires-du-Nord-Ouest et le Nunavut). Cette fusion influencera
aussi le modèle de croissance de la Compagnie, car elle sera la première d'une série
d'acquisitions importantes.
 |
Annonce de l'époque de la ruée vers l'or du Klondike
ACBH D.26/34 fo. 21d |
Le commerce de détail
Vers la fin du XIXe siècle, les nouvelles tendances de la mode contribuent au déclin du
commerce des fourrures. La colonisation de l'Ouest et la ruée vers l'or apportent
rapidement à Hbc un nouveau type de clientèle; celle-ci paie comptant et non avec des
peaux. Avec la signature de l'Acte de cession en 1869, la Compagnie cède au Canada la
souveraineté sur ses territoires traditionnels. L'époque du commerce de détail est déjà
commencée. La Compagnie se concentre désormais sur la transformation de ses postes de
traite en magasins de vente au détail, garnis d'un assortiment d'articles plus vaste
qu’auparavant.
En 1912, suivant les conseils de l'un de ses administrateurs, qui était au service
du grand magasin Harrods de Londres, Hbc entreprend un programme de modernisation
dynamique. Ainsi naîtront les six premiers grands magasins de la Compagnie de la Baie
d'Hudson, à Victoria, Vancouver, Edmonton, Calgary, Saskatoon et Winnipeg. Aujourd’hui
encore, ces magasins demeurent l'héritage de cette époque.
Une série d'acquisitions permet finalement l'expansion des activités de commerce
de détail partout au pays : Cairns (Saskatoon : 1921), Morgan's (Montréal, Ottawa,
Toronto : 1960) et Freiman's (Ottawa : 1972).
Diversification
La croissance du commerce de détail lance Hbc à la conquête de nouveaux créneaux.
Alcool, saumon en conserve, café, thé et tabac sont autant d'articles qui remplacent
la fourrure et le commerce traditionnel et contribuent à assurer la prospérité des
activités de la Compagnie dans la vente de gros. Les grandes propriétés foncières
que la Compagnie a négociées dans le cadre de l'Acte de cession la poussent vers
l'immobilier. C’est ainsi que la vente de lots aux colons nouvellement établis
entraîne progressivement le développement d’actifs immobiliers à grande échelle.
Le transport de marchandises et les ressources naturelles, notamment le pétrole et
le gaz, formeront aussi des activités parallèles importantes.
Pleins feux sur le commerce de détail
 |
Magasin Hbc de Temagami (Ontario) Bear Island, 1941
HBCA 1987/363-T-9/100 |
En 1970, année de son tricentenaire, Hbc devient société canadienne. Le rythme de ses
acquisitions dans le commerce de détail s'accroît avec la prise de contrôle de Zellers
et de Fields (1978), de Simpsons (1978) et de Robinsons (1979). Toutefois, le
ralentissement économique des années 1980 entraîne un endettement majeur de la Compagnie,
qui doit repenser ses priorités et, comme de nombreuses autres entreprises, retourner
à ses activités principales. Les éléments d'actif non stratégiques, tels que ceux liés
à la traite des fourrures, au commerce de gros et aux magasins du Nord, sont vendus en 1987,
tout comme Roxy Petroleum, dernière entreprise que Hbc détenait dans le secteur des ressources
naturelles. La Compagnie poursuit son expansion stratégique visant à renforcer sa part
de marché avec l'acquisition de Towers/Bonimart (1990), de Woodwards (1993) et de Kmart Canada
(1998).
Depuis ce temps, Hbc a examiné de nouveaux types de magasins et des façons inédites
de faire affaire. En 1986, elle lance son premier programme de fidélité, baptisé Club Z,
qui sera remplacé par le programme Primes Hbc en 2001. L'ouverture de Déco Découverte
en 1999 marque l'entrée de Hbc dans le secteur des magasins spécialisés. Puis, en 2000,
la Compagnie se lance dans la vente en ligne avec hbc.com. Designer Depot et l'Entrepôt
du style représentent le secteur des magasins de rabais de 2004 à 2008. En 2003,
la Compagnie lance Hbc Signature, marque maison inspirée de son patrimoine unique.
Puis en 2005, Hbc est choisie comme grand partenaire national du Comité organisateur
des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver en 2010. Cette association, en vigueur
de 2005 à 2012, fait de Hbc le grand magasin commandaire et le fournisseur de marchandises
générales des Jeux au Canada.
Arrive le XXIe siècle. Hbc a déjà bien entamé son quatrième centenaire dans le commerce
de détail au Canada. Ses magasins – la Baie, Zellers, Déco Découverte et Fields – comblent
à eux seuls plus des deux tiers des besoins des Canadiens en matière d’achats.
Voilà pourquoi Hbc peut revendiquer ce titre de plein droit :
Les marchands du Canada depuis 1670
|