Radisson et des Groseilliers
La recherche d'une route navigable plus directe vers l'Orient était l'une des principales raisons pour lesquelles on poursuivait l'exploration du Nouveau monde. À l'époque, la théorie voulait qu'une telle route se trouve au nord du continent nord-américain - le légendaire passage du Nord-Ouest.
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Radisson et des Groseilliers, |
Dès 1631, on en vient à la conclusion évidente que la baie d'Hudson n'est pas le passage maritime vers l'Orient. Par contre, on réalise que cette région regorge d'animaux dont les fourrures sont parmi les plus recherchées au monde.
Pierre-Esprit Radisson (1636-1710) et Médard Chouart, Sieur des Groseilliers (1618-1710), sont les premiers Européens à pénétrer profondément dans la ceinture forestière du nord, à négocier des traités avec les Cris, à explorer les sources du Mississipi et du Missouri et à mettre en application les méthodes commerciales qui aboutiront à la création de la Compagnie de la Baie d'Hudson.
En 1659, des Groseilliers et Radisson, son jeune beau-frère, partent en direction du bassin des Grands Lacs, malgré le fait que le marquis d'Argenson, gouverneur de la Nouvelle France refuse de leur émettre un permis de traite. Les deux compagnons passent l'hiver dans la région, rencontrent les Autochtones et font du commerce avec eux. Ils reviennent l'année suivante avec une cargaison de fourrures de première qualité et sont accusés de commerce illicite. Le gouverneur confisque presque toute leurs fourrures, leur impose une amende et emprisonne des Groseilliers pendant une courte période.
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Pierre Esprit Radisson |
La cour de Charles II réserve une réception enthousiaste à ces deux Français qui font miroiter les avantages d'une expédition dans des régions éloignées et sauvages. Ce n'est toutefois qu'en 1667 que le cousin du roi, le prince Rupert, prend la direction du projet. La Marine royale, selon les ordres du roi, met à la disposition des explorateurs le ketch Eaglet, et des particuliers associés au projet fournissent, de leur côté, un autre vaisseau plus petit, le Nonsuch. Le 3 juin 1668, l'Eaglet, avec à son bord Radisson et commandé par le capitaine William Stannard, et le Nonsuch, avec à son bord des Groseilliers et commandé par le capitaine bostonien Zachariah Gillam, descendent la Tamise pour traverser l'Atlantique.
La malchance s'acharne sur l'expédition. L'Eaglet subit des avaries au cours d'une tempête et doit rentrer en Angleterre, mais le Nonsuch arrive le 29 septembre à l'extrémité sud de la baie James, trois mois et vingt-six jours après avoir quitté l'Angleterre. Et, à l'embouchure de la rivière Rupert, on érige le Fort Charles (qui plus tard deviendra Rupert House). Une Ligue des Amis est fondée et les terres sont «dûment achetées» aux Autochtones de la baie James. Au printemps plus de 300 Autochtones viennent faire des échanges. Lorsque les glaces cèdent, on charge les fourrures sur le Nonsuch et ce dernier met le cap sur l'Angleterre avec sa précieuse cargaison.
Le succès phénoménal de cette expédition stimule l'ardeur du prince Rupert et de son groupe de courtisans-investisseurs, et renforce leur volonté de pousser plus loin le commerce des fourrures au Nouveau Monde. Ils demandent alors au roi une charte royale, qui leur est octroyée le 2 mai 1670.
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