Thanadelthur
![]() |
Je vous en p…prie… aidez-moi! |
Thanadelthur, qui signifie «tremblement de martre» dans la langue dénée, est née vers 1697. Au cours de l'année 1713, elle est capturée par les Cris. Le conflit tribal qui oppose les Cris et les Dénés est exacerbé par les relations commerciales qu’entretiennent les Cris avec les hommes de Hbc. Équipés d’armes à feu nouvellement acquises, les Cris étaient de plus en plus en mesure de l’emporter.
Vers la fin de novembre 1714, Thanadelthur échappe à ses ravisseurs et parvient à York Factory, où elle est présentée à l'agent principal, James Knight. Knight vient de reprendre York Factory aux Français par suite du traité d’Utrecht. Pressé de rétablir le commerce et de le pousser plus loin au nord de la rivière Churchill, la frontière la plus au sud des terres des Dénés, il est conscient que le succès de cette stragégie dépend de la fin des hostilités.
Les années de captivité de Thanadelthur l'ont convaincue des avantages du commerce avec les Anglais. Elle parle à Knight des énormes ressources en fourrures de son peuple, précisant que seule leur crainte des Cris empêche les Dénés de se lancer dans ce commerce. Elle parle de vastes marées qui certaines années gèlent à peine, de ressources en cuivre et d'un mystérieux «métal jaune» que l’on trouverait dans son pays. Knight est intrigué. Il réalise que son enthousiasme et ses connaissances linguistiques font d'elle une ambassadrice idéale.
![]() |
Ambassadrice de la paix, par Franklin Arbuckle, vers 1952 |
Les circonstances retarderont la construction du nouveau poste, mais le traité entre les Dénés et les Cris ouvre la voie à l'expansion de Hbc vers le nord. Thanadelthur passe l'été à enseigner à ses compatriotes quelles sont les peaux qui sont prisées des Anglais et de quelle façon elles doivent être apprêtées. Puis elle tombe malade et mourra finalement de la fièvre le 5 février 1717. James Knight relate l'événement dans ses écrits :
«… ce matin la femme-esclave du Nord a quitté notre monde après quelque sept semaines de maladie… C'était une personne douée d'une grande âme, d'un grand courage et de la plus ferme détermination que j'aie rencontrée de ma vie. … dotée d’une perspicacité extraordinaire… et je suis certain que sa mort constitue une terrible perte pour la Compagnie… C’est certainement la plus belle journée que nous ayons eue cet hiver, mais aussi la plus triste en raison de son décès.»
|
|||
|
|||