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Chapeaux de castors

Évolution du chapeau de castor

Évolution du chapeau de castor
Bibliothèque et Archives Canada/
C-017338

Au XVIIe siècle, les chapeaux constituent un élément important de la tenue vestimentaire et une indication du statut social et de l’occupation de la personne qui le porte. Ils ont une très grande valeur et sont souvent légués de père en fils. Les chapeaux étaient faits de feutre de poil et le feutre de meilleure qualité était confectionné à partir de la peau du castor. L’extrémité des poils de castor est munie de minuscules barbillons qui, une fois pressés, s’entremêlent pour former une étoffe résistante, le feutre. Ce processus s’appelle le «feutrage». Les chapeliers modelaient le feutre ainsi obtenu pour confectionner des chapeaux.

Sous le règne de Charles Ier en Angleterre, entre 1625 et 1642, le chapeau de castor orné de plumes d’autruche fait fureur. À cette époque, cependant, le castor a pratiquement disparu en Europe. Heureusement, on trouve en Amérique du Nord, couverte de vastes forêts et où le temps froid sévit une grande partie de l’année, une nouvelle source d’approvisionnement. Le commerce des fourrures fait donc son apparition. L’immense vogue que connaissent les chapeaux aux XVIIe et XVIIIe siècles provoque l’essor du commerce des fourrures. La Compagnie de la Baie d’Hudson est créée et a pour mandat d’explorer et de mettre en valeur de nouveaux territoires à la recherche de cette matière première si précieuse. De fait, à ses débuts, la Compagnie assure sa promotion en offrant des chapeaux de castor à titre gracieux, au coût total de 34 £, aux hommes influents de Londres pour les inciter à investir.

Initialement concentrée en France, l’industrie de la chapellerie européenne avait en grande partie contribué à protéger les Huguenots (protestants français). Toutefois, à la révocation de l’édit de Nantes en 1685, qui leur avait permis, depuis sa promulgation en 1598, de pratiquer leur religion, plus de 10 000 chapeliers émigrent en Angleterre. L’industrie de la chapellerie s’effondre en France, au profit de l’Angleterre qui en est maintenant le centre.

Les chapeaux de castor étaient imperméables et de plus, de nombreux chapeaux avaient de larges rebords : c’est peut-être ce qui explique leur popularité dans un climat pluvieux, avant l’invention du parapluie. Certaines superstitions entourant la fourrure de castor ont peut-être également contribué à sa popularité. On disait que porter un chapeau de castor rendait plus intelligent. On croyait qu’en massant le cuir chevelu avec de l’huile de castor, on acquérait une mémoire phénoménale. La croyance populaire voulait qu’une personne sourde puisse recouvrer l’ouïe en portant un chapeau de castor.

Le feutre de castor perd sa popularité au milieu du XIXe siècle lorsque qu’on juge que le velours de soie, quoique beaucoup moins coûteux, est tout aussi élégant. Le prince Albert, prince consort et époux de la reine Victoria, popularise le port du chapeau de soie vers 1840.

 

 

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