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Le Nonsuch rentre à Londres, 1669, par Norman Wilkinson, vers 1943 |
En 1667, un membre éminent du consortium, sir George Carteret, trésorier de la Marine royale et commissaire de la chambre de commerce, prend l'initiative de procurer au groupe un vaisseau. Il achète le ketch Discovery qui se révèle totalement inapproprié pour la tâche. Une entrée dans le grand livre de la Compagnie de la Baie d'Hudson détaille le remboursement du prix d'achat à Carteret, en janvier 1668, et révèle que le Discovery sera vendu à perte ultérieurement :
«Montant payé en argent pour le ketch Discovery (acheté pour la Compagnie et vendu à sa demande) de plus que son prix de vente – 70 £.»
Au début de 1668, deux autres moyens de transport sont retenus. Le ketch Eaglet de la Marine royale est loué pour 6 £ 2 shillings et 6 pence. Cette entente est conclue avec le roi Charles II et est directement attribuable à l'influence de son cousin, le Prince Rupert, un des bailleurs de fonds du voyage. Le second ketch, le Nonsuch, avait aussi servi dans la Marine royale, mais il avait été acquis l'automne précédent par un marchand de bois, sir William Warren. Ce dernier, en mars 1668, vend le Nonsuch au groupe pour 290 £.
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Réplique du Nonsuch, par Jim Flynn, 1970 |
L'Eaglet est sous la gouverne du capitaine William Stannard de la Marine royale et compte à son bord Radisson. Le commandant du Nonsuch est le capitaine Zachariah Gillam, et des Groseilliers voyage avec lui. Gillam est déjà connu des deux Français. En effet, en 1663, Radisson et des Groseilliers l'avaient accompagné lors d'un voyage de Boston jusqu'au détroit d'Hudson, avorté en raison de la glace. Le voyage qu'ils s'apprêtent à faire en 1668 sera tout aussi pénible.
À environ 200 milles marins à l'ouest de l'Irlande, les deux bateaux font face à des tempêtes violentes et à une mer agitée. L'Eaglet est forcé de faire demi-tour et arrive à Plymouth en août, accusant «certaines pertes». Le Nonsuch continue seul.
Le 29 septembre 1668, le robuste petit bateau jette l'ancre dans la baie James, à l'embouchure de la rivière Rupert – à l'endroit même où Henry Hudson s'était arrêté pour l'hiver plus d'un demi-siècle plus tôt. L'équipage prépare le campement d'hiver en défrichant la terre et en érigeant une palissade et une petite maison. Le Nonsuch est retiré de l'eau et mis en carène sur la rive. Au printemps 1669, après un long hiver, près de 300 Cris arrivent paisiblement pour échanger des peaux de castor de premier ordre. Enfin, le 14 juin, le Nonsuch repart pour l'Angleterre et accoste à Londres en octobre. On ne sait pas ce qu'il est advenu du vaisseau, mais il est probable qu'il ait été vendu, car les bateaux utilisés plus tard par la Compagnie de la Baie d'Hudson seront beaucoup plus grands.
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Entrée au grand livre de Hbc, datée du 30 mars 1668 et portant sur l'achat du Nonsuch de William Warren |
Pour le 300e anniversaire de la Compagnie, une réplique du Nonsuch a été construite par le chantier J. Hinks & Sons d'Appledore, Devon. Elle a été mise à l'eau en août 1968 et expédiée au Canada en 1970. En 1970 et 1971, elle a navigué sur le lac Ontario, a franchi le canal Welland jusqu'au lac Érié, pour aller aussi loin que Chicago. En 1972, on l'a transportée à Seattle où elle est restée quelque temps avant de naviguer vers la Colombie-Britannique, faisant plusieurs escales le long de la côte. La réplique du Nonsuch réside maintenant en permanence à Winnipeg, au Musée du Manitoba. «Amarrée» à une reconstitution des quais de Londres du XVIIe siècle, elle est la vedette de l'exposition consacrée au Nonsuch.
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